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Le baiser de l’ombre (Paul Colize)

Les rousses, c’est mon péché mignon.
Il y a des choses qui ne s’expliquent pas.
Si j’en compte déjà une belle brochette dans mon palmarès, Ava, la dernière en date, occupe sans conteste le haut du classement.
En ce qui concerne le meurtre de son père, autant le dire tout de suite, je n’ai rien à voir là-dedans. Pas plus que dans le vol de cette toile apparemment sans valeur.
Ces choses-là arrivent.
C’est dommage.
Bien sûr, je n’aurais pas dû subtiliser ce message qui proposait de chercher l’erreur. Il ne m’était pas destiné. Pas plus que je n’aurais dû me foutre de la gueule des flics qui s’empêtraient dans cette enquête.
C’est vrai.
Que voulez-vous, j’ai toujours aimé mettre mon nez dans les affaires des autres.
Il y a des choses qui ne s’expliquent pas.


Paul Colize est belge, il a cette graine de folie au point de commencer sa trilogie « Antoine Lagarde » par le deuxième volet. Il y a de la facétie et de l’orfèvrerie dans son écriture.

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Avant-propos

Paul Colize est un type énervant. Lisez Le baiser de l’ombre et vous comprendrez les raisons de mon agacement. Paul Colize est un écrivain doué, précis, méticuleux. Son style est d’une grande fluidité, ses phrases ciselées, ses dialogues peaufinés. Il y a de l’orfèvrerie dans son écriture. La recherche de la réplique qui fait mouche, la quête du mot de trop, la traque de l’adverbe superflu. Une minutie presque maniaque. Pour un peu, on croirait qu’il est Suisse. Mais il est Belge. Bruxellois. Ce n’est d’ailleurs pas pour ça que Paul Colize est un type énervant. Ce qui est énervant, et qui force l’admiration, c’est l’apparente facilité avec laquelle il nous raconte la course haletante d’Antoine Lagarde, à la recherche d’un tableau mythique de Gustav Klimt. J’ai bien dit " apparente ". Car je sais la somme de travail derrière Le baiser de l’ombre, les innombrables corrections, la masse de documentation nécessaire à l’écriture d’un simple paragraphe. Oui, Paul Colize est un dandy, et en réalité, comme tous les dandys, c’est un bosseur, un perfectionniste. Seulement, il en va de l’écriture comme de la cuisine. J’en connais des qui vous servent leur tambouille le souffle court, le cheveu collé par la sueur, le tee-shirt constellé de taches, manière de bien vous faire comprendre comment ils en ont bavé pour vous préparer leur brouet. Et puis il y a ceux qui, comme Paul, vous mitonnent de succulentes tomates farcies et vous les servent avec simplicité, sans en faire des tonnes, le tablier immaculé. Ça s’appelle le respect. Respect du lecteur. Du texte. De soi. Paul Colize est donc doué, consciencieux et élégant. Oui, décidément, Paul Colize est un type énervant. Mais je crois que je suis un peu jaloux.

Maxime Gillio


Revue de presse…


Jérôme Jukal a lu Le baiser de l’ombre (Pol’art noir – mars 2010)

On ne change pas une équipe qui gagne. Paul Colize est de retour. Et il ne revient pas seul.
La quatrième de couverture résume l’intrigue, sous la plume de Antoine Lagarde… En effet, le héros de Quatre Valets et une Dame est de la partie !… Pas forcément une bonne nouvelle pour lui mais, pour nous, assurément. Je ne suis pas de ceux qui le connaissaient déjà, ou enfin si, mais seulement par ouïe dire, et sa réputation n’était pas mince, il n’y a qu’à lire ce qu’en avait dit Patrick Galmel sur le site pour s’en persuader. Bref, j’avais vraiment envie de le connaître un peu mieux… C’est chose faite et je ne le regrette pas.

Après la mort de son père, dans le premier opus, c’est cette fois le père de sa conquête du moment qui passe l’arme à gauche. Et, dans le monde de Antoine Lagarde, quand un père trépasse, ça n’est pas naturel, ça ne peut être que violent. L’assassinat est accompagné du vol d’un tableau, pas forcément le plus réputé de la collection de la victime, pas forcément le mieux coté. Et comme il est suspecté, Antoine Lagarde se met à enquêter, pour se disculper, peut-être aussi pas curiosité, vilain défaut, mais il faut avouer que l’affaire est bizarre, curieuse. Un mail envoyé à sa fiancée en rajoutant dans l’intrigant.
Nous suivons Antoine un peu partout en Europe à la recherche d’explications qui pourraient donner un mobile au meurtre. Nous le suivons avec plaisir, car l’intrigue est rythmée, l’écriture fluide de Paul Colize nous entraîne avec légèreté dans les méandres d’une sombre histoire de l’art.
Nous suivons d’un côté Lagarde et de l’autre un tableau à travers le vingtième puis le vingt-et-unième siècle. Et voilà que le roman distrayant attendu s’étoffe d’une histoire non moins intéressante, non moins distrayante, mais qui, en plus, nous cultive… En tout cas moi, qui n’y connais pas grand-chose en peinture.
Pour compléter le tout, les aventures amoureuses de Lagarde ne sont pas laissées au placard et on sait que c’est un domaine dans lequel Paul Colize aime à nous entraîner, avec un certain talent…

Bref, nous avons dans ce livre tous les ingrédients pour passer un bon moment de lecture et la recette est savoureuse, car, pour peu que l’on soit aussi inculte que moi, on en ressort plus cultivé. Alors, se cultiver en s’amusant, ça ne se boude pas !

Etienne Borgers a lu Le baiser de l’ombre (Polarnoir – février 2010)

Le nouveau roman de Paul Colize joue la carte du thriller soft, ombré de noir léger, dans une histoire cosmopolite de magouilles dans le milieu du commerce des œuvres d’art en Europe.
Avec un enquêteur malgré lui, Antoine Lagarde, propriétaire d’une firme de consultance pour managers de haut niveau et qui n’a pas trop mal réussi dans ce monde formaté de l’apparence et de l’évidence proposée en dogmes. C’est cet Antoine qui se voit propulsé dans une mystérieuse affaire débutant par un meurtre, celui de cet homme qu’il voyait comme son futur beau-père. Car Antoine est amoureux fou d’Ava, la fille du trucidé, personnage réputé, auteur et metteur en scène fortuné et grand amateur de peinture. Très vite, une petite toile qui ornait le salon, lieu du meurtre, va devenir le centre d’intérêt d’Antoine et certainement de ceux qui sont derrière ce meurtre, puisque de plus en plus la police songe à un vol organisé d’œuvres d’art qui aurait mal tourné. Mais pourquoi cet intérêt des malfaiteurs pour la petite toile de Carl Moll, des dahlias, dont la cote et la réputation ne justifient certainement pas des manœuvres aussi risquées pour se l’approprier.
Antoine, souvent superficiel mais bon observateur de la nature humaine, va être mêlé de plus près qu’il ne le souhaiterait à ce qui commence à ressembler à une manipulation destinée à masquer la vente illicite d’une œuvre inestimable : une peinture perdue de Gustav Klimt.
Soupçonné par la police car, voulant garder l’amitié d’Ava, Antoine s’est mis en tête de découvrir le motif et ceux qui ont monté ce scénario mêlant : intimidation, chantage et meurtre, le tout sur fond de centaines de millions d’euros que pourraient leur rapporter la combine. Mais quelle combine ? Et pourquoi essaye-t-on de le tuer ?
Beaucoup de questions pour Antoine, questions dont les réponses semblent être liées au milieu des privilégiés et des marchands-intermédiaires de haut-vol ; heureusement, grâce à sa profession, Antoine Lagarde a l’habitude de fréquenter le monde de l’argent, des entreprises et des vraies fortunes. Lui, le beau gosse qui plaît aux femmes qui succombent …et qui en redemandent, a un gros problème : cet amour pour une Ava qui le méprise. Ah, oui, il y a aussi son petit problème sexuel : il est de plus en plus souvent impuissant, surtout face à Ava.
Pris dans l’engrenage, il n’a plus d’autre perspective que de continuer ses recherches, coûte que coûte, de courir comme un rat de labo dans un labyrinthe. Mais courir et s’agiter, Antoine il connaît. C’est toute sa vie professionnelle, tiraillé entre ses bureaux de Paris, Genève et Bruxelles. Suffit d’étende un peu les itinéraires. Et d’essayer de rester vivant.
Le ton du roman, s’il reste léger, sert parfaitement l’ambiance voulue par l’auteur : un mélange de pastiche de whodunit feutré, de violence souvent mouchetée par des revirements de péripéties, le tout avec une touche de narquois et d’humour pince-sans-rire. A cela s’ajoute le très agréable style ciselé et concis de l’auteur qui nous déroule son récit sans qu’on ait envie de le quitter, parsemé de remarques assassines et de phrases moins innocentes qu’il n’y paraît.
Entrelacé avec les avatars d’Antoine Lagarde, qu’on nous dit faire partie d’une trilogie à compléter, plusieurs chapitres sont consacrés à quelques épisodes de la vie de peintres viennois de l’école de l’Art Nouveau, et d’Alma Mahler, sorte de muse fatale qui épousait large, riche et célèbre, et qui termina sa vie à un âge canonique exerçant le « métier » de veuve dans le luxe et la discrétion. Cette incursion dans le milieu interlope des beaux arts européens de la première moitié du 20e s. et, par la suite, dans le cheminement commercial de certaines œuvres qui en étaient issues, semble avoir captivé Paul Colize dont on sent l’intérêt réel pour ces péripéties artistiques, tout en réussissant a y intéresser le lecteur dans les chapitres dédiés qui émaillent le roman.
Offez-vous des vacances : lisez Le baiser de l’ombre. Vous serez en très bonne compagnie…
Les peintres :
Carl Moll (même branche de l’Art Nouveau que Gustav Klimt)- exemples de peintures, principalemnt des paysages http://www.gailsauter.com/a-painter-on-painting/2009/12/21/carl-moll.html
ou ce portrait http://www.kueste.de/eurobohr/carl-moll-gr.jpg
Gustav Klimt : article bien documenté de Wikipédia, avec de nombreuses illustrations, notamment de son fameux tableau au style maniéré : Le baiser http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustav_Klim

EB (février 2010)

Marc Meneguz a lu Le baiser de l’ombre (site Bibliotheca – février 2010)
[...]
Dans le thriller Le baiser de l’ombre, paru en 2010 aux éditions Krakoen, l’écrivain belge Paul Colize invite le lecteur dans une l’intrigue palpitante, pleine d’aventures et de rebondissements, dans les arcanes du monde des arts et des collectionneurs, à la suite de l’un de ses personnages fétiches qu’est Antoine Lagarde.
Le sujet principal ici est le trafic d’objets d’art, et notamment une hypothétique peinture du grand maître autrichien Gustav Klimt, datant du début du vingtième siècle, que les collectionneurs les plus riches veulent s’arracher à tout prix. En parallèle de l’histoire contemporaine, où l’on voit un Antoine Lagarde jouer de malchance en s’embarquant dans tous types de problèmes, le lecteur suit également l’histoire de cette célèbre toile, et son parcours à travers le vingtième siècle, où elle passe d’une oeuvre bannie à la légende.
Paul Colize a un incroyable talent de narration, menant parfaitement son intrigue tout en tenant son lecteur en haleine du début jusqu’à la fin. L’écriture est d’une grande fluidité, originale et vivante. Tout est plutôt bien documenté, l’histoire est d’une grande crédibilité, et servi avec une grande dose d’humour. L’écriture à la première personne rend le personnage principal encore plus attachant. Le lecteur ressent parfaitement ce que son héros ressent, un homme finalement bien loin d’être un héros, plus intrigué par sa vie sexuelle et d’autres tracas de la vie quotidienne que par les complots qui s’organisent autour de lui et desquels il n’a qu’une seule envie, celle d’en sortir vivant.

En bref, Le baiser de l’ombre, comme finalement tous les romans de Paul Colize, est un thriller d’une qualité rare, plein de suspense et d’humour, et que l’on n’arrive pas à lâcher avant la fin.

Mireille Eyermann a lu Le Baiser de l’ombre (le blog d’une polardeuse – octobre 2011)

Antoine Lagarde, le héros, est un coach aux tarifs exorbitants, une sorte de psy pour cadres dynamiques anémiés en mal de reconnaissance. Partisan du conseil minimaliste, il préfère laisser ses clients chercher leurs solutions eux-mêmes ce qui lui laisse plus de temps pour penser à sa fiancée, la belle Ava Desmarets. Or, le papa de cette troublante créature se fait assassiner…Je ne vais pas vous raconter le scénario, je m’en voudrais vraiment beaucoup de vous gâcher le plaisir de la découverte.

Sachez simplement que l’histoire se déroule à notre époque, dans le milieu du marché de l’art, et nous fait côtoyer les mesquineries et les intrigues des grands collectionneurs prêt à tout et n’importe quoi pour acquérir l’objet de leur désir et, parallèlement en 1901 autour des peintres viennois ayant initié le mouvement sécessionniste – Wiener Secession – (Klimt, Kokoschka, Moser, Schiele et…Carl Moll). Donc un exercice de double narration que l’auteur maîtrise parfaitement.

Et justement c’est une chose qui m’a interpellé. Tout dans ce roman est très bien maîtrisé, il y a un travail d’écriture considérable (je ne pense pas me tromper en disant cela), c’est parfaitement documenté (au passage j’ai d’ailleurs appris un nombre étonnant de chose sur le monde de l’Art) mais la performance de Paul Colize réside dans une véritable maestria pour délivrer le tout sans lourdeur, avec une aisance, une fluidité et une élégance déconcertante. L’intrigue est palpitante, les actions s’enchaînent sans aucun temps mort. De l’argent, du sexe, du suspense et de l’humour ! Et oui, beaucoup d’humour (un rien corrosif quelques fois mais ce n’est pas pour me déplaire). Bref, vous l’aurez compris, je vous conseille vivement la lecture de ce roman, pour ma part je me suis vraiment régalée en lisant.

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