Mort en sauce (Zolma)
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René Maggiore est désappointé, les ventes de sa tambouille en boîte sont en chute libre. Entouré d’une cour de cadres désabusés et de petits chefs serviles, ce chef d’entreprise autocrate est trop empêtré dans ses certitudes pour redresser la situation. L’embauche d’un jeune cadre dynamique va-t-elle sortir la société du marasme et lui rendre son rang de leader de la conserve discount ? Las, le sort s’acharne car le nouvel arrivant va se trouver confronté à des microbes opiniâtres et dangereux. Des microbes déterminés, combatifs, qui philosophent et se divisent pour mieux attaquer. Absurde ? Détrompez-vous, derrière la fable savoureuse et hilarante se cache en réalité un pamphlet corrosif et jubilatoire. Lorsque des bactéries pathogènes viennent contrarier l’accumulation du profit, deux mondes vont s’affronter avec leurs armes respectives. Zolma braque son projecteur. Truculent et subversif. |
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Avant-propos
Zolma n’y va pas avec le dos de la cuiller, son appétit est dévorant ; si son propos était de se payer une bonne tranche du monde de l’entreprise, il doit être rassasié. Si le trait est gros, comme il se doit, pour pointer les dérèglements et les abus du management à la trique, transformant parfois le dirigeant en dictateur aveuglé par sa puissance, la démonstration est réussie. Dans cette fantaisie grinçante, les bactéries viennent contrarier la courbe ascendante des profits rigoureusement proportionnelle au goût infect des aliments bas de gamme produits pour les bourses plates, les économiquement faibles, les pauvres qui s’approvisionnent dans les magasins discount. C’est l’aspect le plus dôle et le plus enlevé de l’ouvrage, et ce qui n’est pas banal, Zolma nous instruit mine de rien sur ces petites bébêtes malicieuses qui vous conduisent recta aux toilettes dans le meilleur des cas ou bien au cimetière dans le pire. Le principe de précaution a bien du mal à résister quand les actionnaires veulent que la rente fructifie à 20 % l’an. Dans cette histoire farcesque, l’auteur tire plaisamment – mais avec gravité somme toute – la sirène d’alarme, tout n’est pas réductible à une marge bénéficiaire, surtout pas la santé. Avec la satire et le rire en bandoulière, ce message a toutes les chances d’être entendu. L’humour de Zolma, découvert dans ses précédents polars, est au rendez-vous pour plaire à un large public. Précisons pour terminer qu’il s’agit d’une réédition*.
Nigel Greyman
*"Mort en sauce" est la réédition revue et corrigée de "Merci patron", publié aux éditions Parpaillon – 2004.Revue de presse…
Joël Jégouzo a lu Mort en sauce (K-libre – décembre 2008)
Crise sur le marché du ravioli très très bas de gamme
René Maggiore, pédégé des raviolis Maggiore, est soucieux : sa courbe des ventes frôle la faillite… Casseburnes, son concurrent, ne cesse de lui ravir des parts de marché sur le segment du ravioli à gerber. Maggiore, patron anti-charismatique par excellence et autocrate, décide d’embaucher un jeune ingénieur pour le sortir de ce mauvais pas. Pendant ce temps, une bactérie de botulium, dite CB1, colonise de vilains quartiers de viande récupérés ici et là dans la plus pure tradition du métier. Botulium qui, on le devine, s’achemine prestement vers les assiettes de raviolis de consommateurs peu regardants… Evariste Lejaune, l’ingénieur en herbe, n’en a cure et s’emploie à mettre sur pied un plan moins diabolique que grotesque, que Casseburnes n’a aucun mal à éventer. L’espion se fait espionner, le ravioli va de mal en pis, tandis que botulium, lui, ne s’est jamais aussi bien porté… Un roman à lire comme une pochade, les soirs de digestion difficile.
NB -Mort en sauce est la réédition revue et corrigée de Merci patron, publié aux éditions Parpaillon en 2004.
Citation
L’équipe de direction [...] était majoritairement composée de courtisans dont le courage se bornait à fustiger [...] les intérimaires qui oubliaient de mettre deux sucres dans le café du calife.
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Etienne Borgers a lu Mort en sauce (sur Polarnoir – mars 2008)
La guerre du ravioli fait rage. L’entreprise Maggiore, face à son principal concurrent perd pied, elle doit se battre avec des pourris qui pratiquent des prix encore plus bas que les leurs, alors que chez Maggiore tout est déjà comprimé y compris le personnel et les cadres. Il faut dire que la direction musclée du père Maggiore ne laisse survivre que des mollusques sans initiative autour de lui. C’est pour cela qu’avant de les virer, les cadres, il va parachuter un sauveteur, golden boy de la technique et de l’organisation niou louke : Evariste Lejaune.
Pas facile de survivre en vendant dans les grandes surfaces avides de profits du ravioli bas de gamme bourrés de porc acheté à des prix honteux aux Viets. Et pourtant, la qualité des produits alimentaires, ils s’en tapent, tant que la daube distribuée n’est pas létale.
C’est alors que Lejaune, petit génie technique, va repenser les étapes de la pasteurisation. A la grande joie d’une colonie de bactéries pathogènes un peu assoupies qui vont retrouver joie de vivre et de procréer. Une vraie renaissance. On vous avait bien dit qu’il s’agissait de survie.
Cette fable grinçante nous est contée dans une forme voisine de la farce, maniant la caricature à gros traits. Mais l’ironie frappe juste et l’humour en demi-teintes assez réussi va se nicher dans le faux sérieux des mondes décrits.
D’abord celui de l’entreprise. Et là, il y a à peine caricature dans les portraits évoqués. Ils existent. Je le sais, je les ai rencontrés.
Ensuite vous aurez droit à un poignant document sur la vie des bêtes et la beauté du chiffre 2 monté à des puissances peu commune. La passion des chiffres et l’étude du monde du vivant sont ici les garants des buts nobles voulus par l’auteur dans son ouvrage.
Très court roman, ou longue nouvelle, Mort en sauce, vous l’aurez compris, n’engendre pas la mélancolie, et ce jusqu’au dénouement plongé dans l’humour noir. On rit d’un sujet bien actuel que Zolma transforme en parodie, avec des cibles qui méritent les coups de pieds aux fesses que leur prodigue l’auteur.
Guignol, prend ton bâton et vient vite aider Zolma à taper sur les méchants de la bouffe industrielle car y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup…
(c) Copyright 2008 E.Borgers
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Patrick Galmel a lu Mort en sauce (in Pol’art noir février 2008)
La crise guette chez les Raviolis Maggiore. Le concurrence est rude et l’entreprise, menée à la baguette par René Maggiore, le fils du fondateur, connaît des jours difficiles et peine à se renouveler. Il faut dire que le grand patron ne s’est pas entouré de cadres pour leurs compétences reconnues en matières de technique ou de gestion :
« L’équipe de direction contemporaine était majoritairement composée de courtisans dont le courage se bornait à fustiger sèchement les intérimaires qui oubliaient de mettre deux sucres dans le café du calife. »
Tout a déjà été tenté pour sauver les meubles : économies sur le personnel, économies sur le marchandise, sur l’énergie, gains de productivité, mais rien n’y fait, c’est la dégringolade. Le boss joue sa dernière carte et décide d’embaucher un dernier cadre, une tête toute fraîche aux idées neuves et révolutionnaires, issue des meilleures écoles et recrutée par Bernard Jivaro… chasseur de têtes, comme il se doit.
Mais c’est sans compter sur la malicieuse CB et toute sa petite famille. Une délicieuse petite bactérie mortelle qui profite de l’occasion pour s’introduire dans les rouages de cette belle machine…
Zolma est de ceux qui ont la grandeur d’esprit de prendre la parti d’en rire. Il dresse à la face de tous les chantres de l’argent-roi et du profit son sourire malicieux et les ravale d’une pichenette en forme de fable au rang de cloportes. Ceux-là ne l’emporteront pas au paradis !
C’est tout le monde de l’entreprise "moderne" qui en prend pour son grade dans ce court roman croustillant et savoureux. Les méthodes managériales en premier lieu, les assemblées de cadres incompétents, l’espionnage industriel. Le libéralisme dans toute sa splendeur… appliqué ici au monde de l’agro-alimentaire mais qui peut se décliner infiniment sous tous les cieux industrieux.
Face à ceux-là, une petite bactérie, travailleuse acharnée, obstinée. Un véritable exemple de la soumission à l’esprit d’entreprise. Un rêve… Sauf que ses visées ne sont pas tout à fait les mêmes que celle de René et de son équipe (ou plutôt si, justement…) et que la confrontation sera extrêmement sévère.
On rit beaucoup en lisant Mort en Sauce, énormément même tant le tableau, sans son exagération, est criant de vérité. Zolma a un humour cinglant et le manie, pour notre plus grand plaisir, de main de maître. Ça fait du bien par où ça passe, comme on dit. C’est pas comme les raviolis…
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Luis Alfredo a lu Mort en sauce (in Rayon du polar février 2008)
Bienvenue dans l’univers impitoyable de l’industrie du ravioli!
A ma droite Maggiore… à ma droite Casseburnes… au milieu une armada de cadres serviles qui hochent la tête à chaque secousse, tel le toutou sur la lunette arrière de la voiture… au centre les profits… au cœur les batteries…
Les raviolis Maggiore sont infâmes, les Casseburnes sont vomitifs. Qu’importe le produit, il n’est là que pour alimenter les comptes bancaires (CB) des « patrons ».
Et chacun est prêt à tout, y compris à embaucher un cadre aux idées bénies non-non, espion et tueur de mulot de labo.
Vous l’aurez compris avec Mort en sauce nous sommes loin du polar noir, même si sous le ton hilarant se dissimule une réalité morbide : celle qui parfois encombre les prétoires ou les unes et qui se nomme tantôt hormone de croissance, tantôt vache folle…
Mais rassurez-vous, le dénouement est à l’image de la fable et la bouillie pour raviolis est intégralement restituée par les protagonistes… Car comme chacun le sait, il n’y a pas de petits profits.
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Claude Le Nocher a lu Mort en sauce (in Rayon du polar – février 2008)
Les raviolis bas de gamme Maggiore ont dominé jusqu’à présent le marché, mais les ventes s’effondrent. Le dictatorial patron René Maggiore veut savoir pourquoi le concurrent Casseburnes les écrase. Il faut réagir au plus tôt. Face à cette situation critique, les cadres serviles sont incompétents. Pour l’heure, on s’aligne sur les tarifs, et on cherche les causes du problème. Si les raviolis Maggiore sont limite consommables, ceux de chez Casseburnes ne valent pas mieux. Si ce n’est pas le goût, on accuse donc les coûts de fabrication. Maggiore recrute un expert, un jeune ingénieur qui saura y remédier.
Pendant ce temps, des cellules microbiennes ont gangrené un lot de viande. Ces toxiques Clostridium Botulinum (ou CB) suivent inexorablement un cycle d’infection, favorisé par l’ambiance de leur conservation. Si la quinzième génération de CB doit patienter en congélation, ces bactéries restent vivaces.
Évariste Lejaune est l’expert idéal, le “missionnaire du ravioli”. Il commence par espionner l’adversaire. Casseburnes possède un secret technique venu des États-Unis. Il faut sans délai essayer la méthode chez Maggiore, avec la bénédiction du despotique patron. S’il réussit, Évariste – qui est sûr de lui – sera propulsé vers le sommet de l’entreprise. Dehors, les cadres rebelles ! On fabrique des conserves selon le principe repéré chez l‘ennemi. Les cellules botuliques vont se régaler. Avec son assistante Claudine, Évariste teste le résultat sur des souris…
Voilà un roman particulièrement jouissif. D’un côté, on observe avec curiosité le parcours des bactéries nocives. La chaîne de leur évolution est clairement retracée. Chez Maggiore, c’est un “paradis microbien” qui les abrite. Ces éléments microscopiques s’interrogent-ils vraiment sur leur fonction ?… Surtout, la cible de Zolma, c’est l’Entreprise et ses hypocrisies, son mépris de la qualité et des clients, la veulerie de ses dirigeants et l’arrivisme de certains. L’auteur caricature à plaisir, mais est-il si loin de la réalité ? Plus roman pamphlétaire que polar, donc. Pourtant, l’action criminelle n’est pas absente. D’ailleurs, vendre de la malbouffe au public, c’est déjà un crime.


